Mr_Sneeze
Pêcheur de baleines
A break in the clouds
Je suis fatigué du poker. Depuis début 2012, je ne gagne plus. J'en suis arrivé au point où je ne sais plus si je vis le pire run de ma vie ou si je suis trop entamé psychologiquement pour même vouloir finir une session positive. Au poker, on peut jamais être sûr, et c'est cette tension avec soi-même qui constitue le plus grand défi.
Cela fait bientôt un an que j'ai fini mes études ; voyagé 3-4 mois, pris du bon temps ; depuis 3 mois, je me suis fortement investi (émotionnellement) dans le poker, désireux de progresser, de mettre de l'argent de côté pour mes projets de voyage, et si possible de me créer un matelas de sécurité (mentale) pour continuer ce jeu qui me passionne et qui me rend libre.
Et pourtant, le monstre a deux visages. Outil de ma liberté, ce jeu de cartes débiles peut aussi m'asservir. Passion, oui, mais où commence l'addiction?
Hier, j'ai atteint un point limite. Depuis 3 mois, j'encaisse. J'ai essayé de garder un jeu solide, mais très certainement il y a eu des détériorations. Me prendre des sessions morbides en live, sur des tables que je devrais crush (c'est sûr qu'en jouant 20 mains / h, on peut compter un peu de variance... d'autant plus si la frustration s'installe), a entamé ma confiance. Me prendre des sessions comiques online, où je ne peux tout simplement pas gagner un coup (j'ai un down de 15 caves qui plonge tout droit vers les abysses, le tout sans véritable spew ; juste des setups ou bad beats... et franchement je me focalise pas énormément sur les bad beats parce que c'est pas du tout ce qui me tilte).
Au final, une session hier où je perds 1000€, standard dans la vie d'un grinder de midstakes, mais c'est le coup de trop.
Ca fait bander le poker c'est sûr. Vous imaginez, gagner votre vie à un jeu? Sauf que ce n'est pas un jeu, c'est aussi un mode de vie, canalisateur d'espoirs, d'ambitions et de liberté. J'ai voulu tenter l'expérience 'pro', et je dois maintenant accepter l'échec.
Non pas tant l'échec en termes financiers (j'ai de l'argent de côté, et il fallait bien que je m'attende à des mois difficiles), mais un échec mental ; un échec existentiel aussi.
Le poker m'a fait craquer, et là rien que d'y penser j'en ai la nausée. Je vais essayer de complètement me détacher de ce monde pendant un moment, histoire de recentrer mes pensées et ma vie, avant de décider comment me situer. Il est nécessaire de supprimer l'addiction pour avancer (et oui, je pense que la plupart des joueurs sont des gambleurs, et devraient sérieusement questionner leur rapport à l'argent). Je pensais pouvoir gagner à ce jeu, et peut-être bien que je peux, mais là, tout de suite, je dois accepter l'échec ; l'échec de mes ambitions et de mes désirs. Accepter de ne pas être pro ; parce que devenir pro de poker n'est pas moins difficile que de faire n'importe quel sport à haut niveau, et que peut-être n'ai-je pas l'énergie mentale et la discipline pour le faire.
Echec existentiel donc, et surtout, parce que je suis passé un peu à côté de ma vie ces temps-ci. C'est un peu la routine: je me lève, je regarde une vidéo de poker, je matte quelques forums, je joue, je vois des amis, je me couche. Au final, je me suis dissous dans le jeu, oubliant que la vie était d'une richesse toute autre, et que ce n'est certainement pas un jeu de cartes malsain qui allait me conduire sur la route vers moi-même (la libération de l'esprit j'entends, ou quelque chose de cet ordre là).
Tout ce que j'ai appris en Asie, je l'ai mis de côté en revenant à Paris ; focalisé sur le poker, j'en ai presque oublié de vivre.
Mais c'est fini maintenant. Une page se tourne ; pour aujourd'hui je gerbe sur les dieux du poker et je ne veux plus entendre parler de ça jusqu'à la fin de ma 'cure' (de désintox). Pour après, on verra bien dans quelle direction je décide d'aller.
J'avais besoin de poster ça pour évacuer ; maintenant que c'est posté je peux plus facilement penser à autre chose et avancer.
GEPT 2012
Demain, je participerai au GETP, ou Grandes Ecoles Poker Tour, organisé par Skema Business School.
Cet event est sponsorisé par Pokernews, et se déroule au Cercle Cadet, où je commence à avoir mes petites habitudes, à force d'aller y gambler en cash game
. Je ne devrais donc pas être trop déboussolé par l'endroit.
Ca fait un moment que je n'ai pas joué de MTT live, mais je me sens plus affûté que jamais. D'abord parce que j'ai travaillé mon jeu de tournoi ces derniers temps sur internet, et que malgré l'absence (pour l'instant) de résultats probants (une 6ème place sur un tournoi de Winamax alors que j'entamais la TF en position de chip leader...), je me sens plus solide dans mon jeu dans les phases finales, en particulier concernant les spots de steal et resteal. Je sais aussi mieux qu'avant quand changer de vitesse et agresser à tout va, ou au contraire ralentir et préserver mon stack.
Etant habitué du cash game, j'ai longtemps souffert du syndrome 'je gamble parce que j'ai moins de 100bb'. Ca m'est pas mal passé et je panique plus vraiment avec 10-15bb
.
Dans tous les cas, mon edge sera présent dans les premiers niveaux, donc j'espère avoir les bons spots pour mettre la pression postflop en debut de tournoi. La structure est assez deep, avec 10K de stack de départ et des blinds 25-50. Les rounds sont de 30 min ; clairement les blinds vont augmenter assez vite, mais ça laisse facilement 2 ou 3h pour développer mon jeu et profiter des edges postflops, tout en ayant une bonne impression des dynamiques qui se construiront à la table.
Ensuite, je commence sérieusement à mieux piger le live, en particulier la gestion du metagame (et j'entends par là à peu près tout ce qui se passe autour de la table...). Je transmets moins de tells, j'en récolte plus. Surtout, j'ai compris que le live et le online n'étaient juste pas les mêmes jeux, et qu'on pouvait jouer très très créativement (avec profit) en live. Donc c'est bien là mon intention
.
Donc le plan est de rentrer dans le plus de coups possibles histoire de monter des jetons rapidement. Exercer mon edge autant que possible là où je le peux!
Ceci étant dit, il est évident que ma stratégie se construira en fonction des adversaires à ma table, et des dynamiques que je rencontrerai demain.
Petit bonus sympa, il y aura un bounty de 150€ sur ma tête! N'ayant jamais vécu ce genre de situation, il me faudra improviser. En toute logique, je m'attends à plus d'agression à mon égards, et surtout à moins de fold equity. Il est possible que pas mal de joueurs essaient de rentrer dans le plus de coups possibles avec moi, et je vais devoir gérer cette contrainte. De l'action en perspective!
Sur ce, je vous donne RDV demain 17h au cercle Cadet pour en découdre!
Back in USSR
Mon trip en Asie s'acheve. Je serai de retour en France le 13 decembre.
J'ai joue au poker de temps en temps, et plus intensivement ces derniers jours. Il y a environ 2 mois, je n'avais pas joue (ni vraiment pense) au poker pendant un mois, et j'ai vraiment craint d'avoir perdu mes skills. Craintes infondees puisque apres quelques centaines de mains je retrouvais mon acuite et la precision de mes reads.
En fait, je pense mieux jouer que jamais.
Au cours de mon voyage, je me suis considerablement assaini: moins de cigarettes, une alimentation equilibree, un sommeil regulier, beaucoup d'activite physique. Je me suis aussi initie au yoga (et c'est extremement profond ; rien a voir avec le fitness generalement enseigne en France sous le meme nom ; en fait il s'agit d'augmenter son niveau de conscience), qui s'ajoute a ma pratique anterieure du kung-fu / wushu.
Tout cela m'a beaucoup aide a calmer mon esprit et a ameliorer (substantiellement) ma concentration. Je suis tout simplement plus 'aware', comme pourrait le dire un fameux acteur belge.
Mon corps est plus sain, mon esprit est plus clair.
Pourquoi cela me fait mieux jouer? Parce que le poker est un sport pardi! Il faut l'ensemble de ses potentialites physiques et mentales pour jouer au mieux. C'est quelque chose que je n'avais pas saisi correctement auparavant.
La technique est importante, mais le mental et la psychologie le sont significativement plus.
OK, donc je suis plus resistant au tilt que jamais. Et quand je parle de tilt, c'est de maniere tres large. J'ai tout simplement beaucoup plus d'energie psychique qu'avant, donc je suis plus resistant a la fatigue (et jouer fatigue, c'est aussi du tilt). Mes emotions sont beaucoup plus stables, et ne peuvent que difficilement, rarement, et faiblement affecter la qualite de mes decisions.
Dans une large mesure, c'est un renouveau dans ma vie (beaucoup d'introspection au cours de ce voyage), et un renouveau dans ma pratique du poker: chaque edge compte, et je compte bien m'appuyer sur mon mental pour affuter ma technique, et continuer a progresser et a gagner. Je n'ai jamais ete aussi confiant a vrai dire, parce que je sens que je peux supporter beaucoup d'epreuves, et surtout je me rends compte a quel point je peux creer des edges a la table et en dehors.
Aussi, j'aimerais continuer a coacher ; c'est vraiment une experience enrichissante, et ca complete correctement le grind.
Donc s'il y en a qui sont interesses, n'hesitez pas a m'envoyer un MP, je serai disponible des la semaine prochaine.
Au dela de la progression technique (a ce titre, je pense surtout insister sur la necessite de jouer creativement et en prenant en compte les specificites de chaque situation ; clairement une grande part psychologique intervient dans l'interaction entre les joueurs, et c'est quelque chose a saisir), je pense pouvoir apporter des bons conseils a ceux d'entre vous qui ont des problemes de tilt, de concentration, ou quoi que ce soit lie au 'poker mindset'. Je pense honnetement que c'est mon plus grand edge a ce jour.
Quelques precisions: c'est toujours 20e par heure, sessions individuelles ou de groupe (sessions thematiques?) generalement de 2h.
Format: soit du live sweating (vous jouez, je commente en live), soit une discussion sur une session enregistree (de loin la meilleure solution a mon avis, parce qu'en live sweating vous allez pas prendre les memes decisions que seul), soit des historiques de mains specifiques (ou une session, mais c'est moins bien pour saisir les dynamiques ; donc autant se focaliser sur certaines mains a problemes, ou un certain type de tough spot), soit des discussions theoriques (pour ca, je pourrais par exemple faire un powerpoint).
Cheers!
Paint it black
Dans le rouge ces jours-ci. Mais à trop chercher à revenir dans le noir, à trop chercher à se 'refaire', on fait souvent pire que mieux.
En bref, j'ai retiré une bonne partie de ma roll afin de financer mon voyage en Asie (je pars le 22 septembre et reviens sûrement début janvier...seulement pris un aller simple pour l'instant
.). S'en est suivi une période abominable de set-ups et de manque de réussite sur les flips, au point que je me suis dit que ça devait être facile de croire au doomswitch (bad run lorsqu'on retire ses thunes d'un site). En particulier dans une dynamique sur-aggro avec certains regs qui nous fait stack off souvent, et light.
Je vais être très honnête: j'ai spew comme un beau dindon. J'ai ptet eu des moments de déchatte, mais mettre mon dowswing sur le dos de la variance serait vraiment inapproprié. J'ai juste pas assuré. J'étais pressé de rejouer au poker online après une pause forcée (pas d'ordi oblige), j'étais pressé de me mesurer aux regs, j'étais pressé de me refaire (!). Ca m'arrive pas souvent de tilt. Mais j'ai quelques soucis dans la tête en ce moment, d'ordre personnel, et ça influe nécessairement sur le poker. Au lieu de ralentir la cadence, j'ai voulu jouer plus que de mesure. J'ai expérimenté des moves au mauvais moment, puisque toute cave perdue était propice à me faire perdre mon A-game.
Au final, environ 20 caves lâchées en quelques milliers de mains et quelques jours. C'est pas que du spew évidemment, c'est pas comme si je me mettais à open-shove any 2.
Mais vraiment, j'ai manqué de discipline. On ne mélange pas vie privée et poker.
Je dois arrêter de spew. C'est la difficulté de jouer LAG: on se level facilement, on cherche parfois trop à outplay.
En bref, de mauvaises tendances (bluffer trop alors que j'ai déjà une image dégueu, chercher à gagner des coups improbables, chercher à faire folder top pair, et autres débilités), et aussi un craquage nerveux dans une large mesure.
Néanmoins, si je me suis 'prouvé' que je pouvais faire n'importe quoi, je sais également que je continue à progresser, expérimenter, et que je suis un meilleur joueur que jamais. Je ne suis juste pas infaillible. Comme tout le monde, je peux péter un cable dans ce jeu de merde, et dans la vie. Au moins toute ma roll n'y est pas passée.
Maintenant il faut se ressaisir, accepter d'avoir chié, comprendre que les échecs aussi font partie d'un processus d'apprentissage. Au poker, être honnête avec soi-même est un edge. Ya encore du boulot. Le poker n'est vraiment pas simple, car on ne peut jamais rien lâcher, on ne peut jamais être paresseux. En tout cas si on veut survivre. Dans un sens c'est réjouissant de toujours avoir à dépasser ses limites. C'est le challenge que je recherche. Parfois on passe à côté. Usan Bolt fait des faux départs, Michael Jordan manquait des shots, Zidane faisait des non-matchs. L'important est de pas se laisser négativement atteindre par l'échec, mais d'en tirer une leçon. Au poker, c'est comme ça qu'au lieu de blâmer le RNG ou les fishs pour notre malchance, on essaie de progresser dans chaque expérience qui nous est présentée. Personnellement, je cherche à atteindre cet état d'esprit au poker, et aussi dans tout le reste. Dans la vie en général.
Vais continuer à grinder calmement d'ici mon départ, sans m'imposer de pression. Ensuite plus de poker pendant 3-4 mois. Désolé pour les gens qui font (ou allaient faire) du coaching avec moi, mais je serai indisponible pendant cette période. J'aurai peut-être un peu de temps cette semaine et la semaine prochaine (jusqu'au 22), si on arrive à se capter sur Skype.
Cheers to you, bon poker, bonne vie (c'est plus important), et à la revoyure.
'On marche sur l'eau'
Revu Rounders (Les Joueurs) ya quelques jours, et la folie du live m'a repris. Go to Cadet.
Je m'assois en NL200 pour me dérouiller, et accessoirement pour jouer un peu avec un pote. Pas grand chose à dire, je prends un pot de 120bb avec full house vs straight contre mon pote ; pas vraiment le type à qui je voulais prendre de l'argent, surtout vu le niveau de la table, mais la pitié et la collusion n'existent pas dans mon jeu.
Up d'un peu plus de 200€, je fais une pause bouffe puis m'assois en NL400. 2 types jeunes assis au siège 4 et 5 ont des stacks énormes (au moins 1200€), discutent stratégie puis de leurs résultats dans les gros tournois de Winamax: tout porte à croire qu'ils sont compétents (ce qui se vérifiera après discussion lors de la pause clope). Un autre type en siège 1 avec un stack de facile 2000€. Je suis au siège 10 avec 350-400€.
Première main: reg met option, j'open raise à 18 avec 55, plusieurs callent dont la BB et l'option. Flop 

: vilain BB donk pour 40€, fold, je raise à 130€. Vu qu'il a l'air compétent et qu'il a aucune idée de mon niveau (peut se dire que je prends un shot, ce qui est pas tout à fait faux en fait), je transmets quelques tells d'inconfort, sans en faire trop évidemment. Il me demande si je suis au dessus du board, je réponds pas. Il finit par call. La turn est
, je shove mes 190€ restants, il call, river Q, je double up direct
(il me dira avoir TT plus tard, et spew).
3 mains après, je suis en BB et il y a une option. Plusieurs callent l'option, j'ai 
et raise à 40 (j'aurais sûrement dû faire un peu plus vu qu'on était maintenant plusieurs joueurs à 200bb deep). Option (le type avec un stack de 2000€) call, reg siège 5 call également. OOP contre 2 joueurs deep et probablement compétents, je ne CB pas sur 

; les 2 checkent. Turn
, je bet 78€: vilain 1 call assez rapidement, l'autre vilain hésite un moment puis call. River est
.
374€ dans le pot, je décide de value bet 162€. C'est thin, mais je rep pas grand chose et je crois bien que niveau tells j'avais l'air bien bluffy. Qu'en pensez-vous? Trop thin? Value plus évidente avec
?
(à partir de maintenant je donne pas le résultat des mains
).
Je gagne un pot de 100bb avec AK où je cold 4bet un big fish et me retrouve AI PF, et grind aussi quelques petits pots dont je me souviens plus
.
J'ai une image aggro mais pas non plus spewy. Je raise 38 avec JJ vs le client de la table, situé juste à ma droite, qui a callé l'option. J'aurais sûrement dû raise un peu plus fort, étant en début de parole. Un joueur apparemment récréatif, très loose (je l'ai vu limpé 42o en MP) me call, le fish call aussi. Flop 773r, je bet 62€ pour value. Le joueur loose IP sur moi raise après quelques secondes à 162€, le fish fold.
Call, raise ou fold? A noter que vilain a complètement freeze dès que le flop est tombé ; je sais pas trop quoi faire de ce tell, mais il y a bien eu une réaction à la vue du flop.
Main contre le même vilain. Notes contextuelles: le big fish à ma droite et vilain (joueur récréatif) se sont bien cherchés, et vilain a perdu genre 10 mains avant AA<JJ, all-in PF contre le fish, qui l'a slowroll alors qu'il avait touché full house.
Vilain met option, 3 joueurs limp, je limp au BTN avec 
. La plupart du temps j'aurais raise pour attaquer la dead money, mais je m'attendais à ce que vilain raise son option assez souvent, ce qu'il fait: raise 38€. Tous fold, je call.
Flop 

, il bet 46, je call.
Turn
, il bet 104, je tank, et vilain me scrute. Je finis par call.
Vilain shove 246 river avant même que la
soit révélée. Je cherche des tells, il n'en donne pas vraiment, si ce n'est qu'il me fixe.
Call ou fold?
Main intéressante contre un type qui dit être un reg de MTT. Il a joué jusque là assez conservateur, limpé plusieurs fois mais pas donné beaucoup d'action. Il a limp-reraise une fois en début de parole.
J'ai 
UTG+1, fish UTG limp, je raise à 24, vilain call IP, fish fold.
Flop 

. Je CB 38€, vilain compte son stack et shove pour 196€.
Je lui demande s'il me montre si je fold, il me dit qu'il montre jamais. Call ou fold?
Contre le même vilain plus tard: plusieurs limpers, je trouve 
en BB et raise à 30, vilain call IP.
Flop 

, je CB 46€, il call assez rapidement. Turn
, je check, sans être certain si je vais C/C ou CRAI. Vilain check. River
, je value bet 78€.
Qu'en pensez vous?
PS: le titre est en rapport avec mon jeu en ce moment. Je run à nouveau good après une période un peu tough, et ai vraiment l'impression de jouer mon A-game.
Poker et renversement structurel
Un petit moment que je n'avais pas actualisé ce blog. J'ai fini mon master / mémoire, et j'ai donc plus de temps pour jouer et penser au poker. Bon je suis loin de faire que ça, mais je me sens pas le besoin de faire tant de volume tant que je maintiens un bon winrate.
En guise d'introduction, je vous propose de jeter un oeil à ça (blog d'Haseeb Qureshi, en anglais):
A portrait of the artist as a midstakes grinder
Poker and structure
Un peu long, mais extrêmement riche.
Ce que je veux mettre en avant aujourd'hui: la nécessité d'être créatif et d'apprendre par soi-même. Evidemment on apprend toujours des autres. En tout cas ce sont les autres, et leurs approches différentes, qui nous permettent de faire évoluer nos propres perspectives. Reste que ça ne suffit pas.
'Monkey see, monkey do': pour progresser, un excellent réflexe est d'observer ce que les autres font mieux que nous. Dans le cas du poker, voir ce qui marche pour les bons joueurs, et voir ce qu'on peut en tirer. Comme le dit Haseeb Qureshi, ce n'est pas une question de style. Si un reg a plus de succès aux tables que vous, il faut comprendre pourquoi. Et donc une bonne méthode est de faire comme lui. Cependant, on ne va jamais très loin avec ça, parce que l'important est de comprendre pourquoi on fait ce qu'on fait, et ne pas simplement le faire parce que ça marche.
Au départ, j'ai appris à faire des continuation bet parce que j'avais lu quelque part que c'était efficace. Du coup je l'ai fait, et ça a marché. Mais je ne comprenais pas toute la profondeur de ce move pourtant très simple.
Je parle de 'renversement structurel', parce que la vraie maîtrise passe par un jeu avec les structures (du poker). Par exemple, il est devenu commun de continuation bet avec une haute fréquence. La dynamique du jeu en est ainsi changé. Précisément, la structure est perpétuellement en mouvement, et donc par nature il n'y a pas de standard durable au poker. A mon sens, bien qu'on apprenne des autres, il est nécessaire de s'approprier le savoir en l'explorant avec notre propre créativité.
En comprenant pourquoi ce qui marche marche, on peut construire des stratégies complexes et cohérentes, et ainsi modifier structurellement notre rapport au jeu. Pour le dire autrement, il s'agit de comprendre comment les règles et les normes influent les stratégies et les dynamiques, et comment tout cela interagit avec la personnalité et l'individualité de chaque joueur.
Dans le poker, évoluer et progresser doit à un moment passer par la compréhension que rien n'est standard. Surtout, nos adversaires ne sont jamais des 'stats'. Ce ne sont pas des robots, mais des humains comme nous, qui ont leur propre rapport au jeu. Il faut donc envisager le plus précisément possible pourquoi ils jouent comme ils jouent. Je conseille fortement de faire une utilisation minimale du HUD sur les trackers. C'est un bon indicateur de tendances, mais en aucun cas un bon indicateur des dynamiques en jeu.
Le poker reste fondamentalement un jeu d'interaction entre personnes, ce pourquoi sa structure est si évolutive.
Après ces 'délires' conceptuels, un petit mot sur le coaching: j'ai la chance d'avoir un 'élève' (je déteste cette vision d'un rapport magistral entre 'maître' et 'élève' ; plutôt c'est toujours un échange) qui semble très motivé pour progresser. Pas simplement pour monter de limites et gagner plus, mais vraiment pour apprendre. C'est extrêmement appréciable pour moi, parce que ça me force à reconceptualiser mon rapport au jeu. Ca me force aussi à chercher la manière la plus efficace de transmettre des savoirs, mais surtout à tenter de faire émerger un rapport individuel, chez l'autre, à ces mêmes savoirs.
J'espère que l'échange sera mutuellement fructueux avec cette personne, et je suis motivé pour continuer cette expérience du coaching avec d'autres (personnes). Ne pas hésiter à m'envoyer un MP
.
I love poker
J'adore le poker. Je suis impressionné par les progrès que je fais, et encore plus par tout ce qui me reste à apprendre. La complexité des interactions stratégiques dans ce jeu me fascine absolument.
Surtout, je pense que le poker est avant tout un travail sur soi ; il ne s'agit pas que de savoir quand check-raiser profitablement, ou avec quelle range reraise shove préflop. Il faut aussi se connaître, gérer ses émotions (ses démons peut-être?).
En particulier, il faut gérer la souffrance. Parce que, soyons honnêtes, les expériences vécues au poker sont pour le moins fluctuantes émotionnellement: majoritairement de la frustration, parfois de l'euphorie, mais aussi du dégoût, ou encore de la colère. Bref, un jeu où on peut facilement être affecté par nos résultats, et où garder son calme en permanence relève presque du fantasme.
Rien n'est facile au poker. Il faut travailler dur dans une variété de domaines différentes. Certains joueurs connaissent toutes les bases, et ont même souvent de très bonnes inspirations de jeu, mais n'ont pas le recul suffisant pour analyser et remettre en cause leur manière même d'apprendre.
Pour moi, dans la vie comme au poker, il est important de parfois renverser les perspectives. Ainsi le poker (et la vie
) sont pour moi un entraînement permanent pour dépasser la souffrance, sous toutes ses formes (frustration, colère, impatience). Il ne s'agit pas d'être indifférent aux choses, bien au contraire: il faut en toute occasion comprendre les ressorts de notre conscience qui nous font souffrir, en particulier quand cette souffrance n'est qu'une création mentale liée à notre incapacité spontanée à accepter ce qui est.
Il est facile d'éprouver de la frustration lorsqu'on est pris dans un embouteillage, ou lorsque qu'on doit attendre le métro 8 minutes, et qu'on regarde incessamment notre montre. Ou encore lorsqu'on perd un coup au poker.
Dans tous ces exemples, il y a d'une part des choses qu'on ne contrôle pas (l'embouteillage, l'attente, les cartes du board), et des choses qu'on peut tout à fait apprendre à contrôler: notre frustration liée à l'attente, notre colère liée à la perte d'un coup (et donc fondamentalement, l'attachement à nos jetons, qui sont pourtant là pour circuler
).
Ainsi, je tends à penser qu'il faut accepter ce qu'on ne peut pas contrôler, et même tirer une grande joie de voir qu'on est capable de progressivement éradiquer toutes ces formes de frustrations parasites.
De même au poker, il est possible de renverser la perspective: plutôt que de voir ça comme un jeu d'ego où on doit absolument gagner de l'argent (notamment sur le court terme: 'je veux être positif sur cette session', alors que le poker, et notamment le CG, est un peu une session éternelle avec des pauses fréquentes), on peut considérer le poker comme un jeu où prendre les meilleures décisions nous apporte de la satisfaction, et où s’immuniser à la souffrance intrinsèque au jeu fait de nous des meilleurs joueurs. Au delà, le poker peut être un entraînement pour la vie: je souffre => j'apprends à accepter ce que je ne peux pas contrôler, et à travailler ce qui est en mon contrôle => je fais cesser la souffrance inutile => j'aime le poker. ![]()
Samedi, après le tournoi Pokernews au Cercle Clichy-Montmartre, j'ai décidé de jouer en CG. D'abord NL200, puis NL400 (où je me suis beaucoup plus marré, avec un mix de joueurs faibles mais agressifs, et des joueurs compétents voire très bons).
Je vais vous parler d'une main seulement. Les bons joueurs sont à ma gauche, mais ne m'empêchent pas trop d'isoler les fishs à ma droite. J'ai beaucoup cherché ces derniers, et gagné une tonne de pots en jouant agressivement contre eux lorsque j'avais la position.
Un des fishs est en BB, l'autre met une option, je suis premier à parler, et on est 7 ou 8 à la table à ce moment là. J'open 22 avec 
, les 2 fishs callent.
Le flop est 

, les 2 check, j'envoie un CB de 36. Le premier vilain, très passif, fold. L'autre, plus agro, check-raise à 104€. Il a environ 500€ en tout. Je suis prêt à muck ma main, mais alors que je réfléchis un peu à la situation, je me rends compte que vu l'historique vilain avait toutes les raisons pour commencer à vouloir réagir à mon agression (il m'a vu CB 100% du temps contre lui, raise ses CB, etc).
Par ailleurs, très peu de mains légitimes sur ce board pour check-raise (JJ et 44, le fait que j'ai un 3 fait office de blocker pour 33). Je doute qu'il CR JT, et s'il le fait je suis confiant dans ma capacité à le faire folder ça si je shove. J'estime qu'il est assez souvent en bluff ou semi-bluff, et que s'il décide de CR un draw, même nut flush draw, je le mets certainement dans un spot difficile si je le pousse à engager son stack. Donc je shove, et il call. Alors que le dealer pose les cartes, il dit 'trèfles, trèfles!', et donc je sais déjà que j'ai fait le bon move. La turn est un T, la river un 7, mais pas de trèfles.
Je retourne ma main, vilain montre 
, les jetons vont vers lui, mais, plutôt que d'être frustré par la perte de ce gros pot (qui rend ma session négative alors que j'étais jusque là bien positif), je ne pouvais qu'être extrêmement satisfait. J'ai correctement analysé la situation, et j'ai poussé vilain à prendre une mauvaise décision. Certes, ma FE était plus faible que je ne le pensais puisque vilain était prêt à call avec un draw clairement sans les côtes nécessaires. Certes, sur le coup il s'agissait d'un coin flip. Mais contre ma range, vilain a pris une décision affreuse. Je vais parfois avoir Jx ou mieux, je vais parfois avoir un draw qui le crush.
Surtout, en terme de dynamique globale, il est obligé de gambler pour espérer gagner un gros pot contre moi.
En bref, l'élément important sur cette main est que je n'ai éprouvé aucune frustration à la perte de ce gros pot. Et pourtant il n'est jamais facile de perdre son stack, notamment en live. J'ai simplement travaillé ma perspective sur le jeu pour être autant que possible, et aussi souvent que possible, concentré sur ce qui compte: c'est-à-dire prendre des bonnes décisions, et éradiquer toute frustration. Jouer au poker, progresser, et en être heureux.
Adaptation au jeu live.
Ce soir j'ai décidé d'arrêter de jouer en NL200 live. D'une part parce que je gagne significativement plus online (en gain horaire), d'autre part parce que les sessions live prennent du temps, et en l'occurrence je dois le gérer avec parcimonie (on va essayer de boucler la dernière année d'études...). Ensuite, le jeu live en 2/2 a tout du carnaval. J'ai souvent l'impression d'être le seul à la table à avoir une petite idée de ce que je fais. Autant la transition du online au live était excitante au début, je commence maintenant à pas mal m'ennuyer vu le niveau global. Le fait de jouer 'nitty' n'arrange rien (jouer LAG sur 4-6tables de 6-max offre un peu plus d'action que monotabler full ring live).
Si je devais y rejouer cependant, ça serait certainement en NL400.
Toujours est-il que le jeu en cercle m'interroge. Comment faire pour s'adapter optimalement à une table full ring de live, donc un rythme très lent, et des ranges très larges. Ma stratégie de base aura été de jouer nitty (en tout cas relativement aux autres joueurs) pour de temps en temps utiliser mon image pour steal les limpers ou tenter un bluff.
Enfin une bonne partie des joueurs de cercle jouent leurs cartes. Cette nuit, j'ai développé une grosse image de serrure, jouant solide, ne montrant que très peu de mains. Reste qu'une CS ne folde pas une straight sur un board 



, même contre moi, même contre une ligne super strong. Donc l'image est finalement assez peu utile en live (en NL200 tout du moins). C'est d'ailleurs pour ça qu'on qu'on attend pour des premiums: on se fait toujours payoff.
Dans tous les cas, je me demande d'une part si jouer tight-agressif est une bonne stratégie en CG live. Ne vaudrait-il mieux pas limper systématiquement et user de notre edge postflop, en jouant solidement dans les pots multiway? Ou carrément jouer LAG, vu que tout le monde joue plus de mains et que du coup personne n'a jamais grand chose (ou alors le jouent de manière évidente)?
Et puis tant qu'à faire, il vaut mieux s'amuser en grindant. C'est pas super passionnant de fold pendant des heures les soirs où on touche pas suffisamment (ou alors dans les mauvais spots). Ca exerce la discipline en tout cas.
Au joueurs ayant un peu d'expérience en live: quelles sont vos adaptations au jeu live par rapport au online (je ne parle pas des tells, mais d'une stratégie globale)? Est-il possible de jouer autre chose que tight-agressif, plus ou moins solide?
Prendre le temps de penser.
Il y a quelques jours j'ai joué au cercle Cadet, NL200 toujours. Une session assez mauvaise, où j'ai eu plusieurs set-ups en ma défaveur, et pas mal de variance dans mon stack.
Une main en particulier me reste en tête:
J'ai été assez agressif, en cherchant beaucoup un big stack maniac à la table, sans réel succès. Certains joueurs ont peur de rentrer dans des coups avec moi, d'autres par contre ne veulent que ça: je me suis déjà fait check-raise plusieurs fois, et on commence à me play back.
Contre le vilain en question, j'avais relancé son option à 20€, il avait call et m'avait CRAI sur un flop K9x, dont 2 piques, après que je fasse mon CB standard. J'avais A4o, et il prétendait avoir 89s (très mal joué si c'est le cas IMO, mais peu importe). En tout cas vilain est aggro, raise les limpers avec des poubelles (qu'il montre) afin de récolter la dead money. Il n'a pas peur de mettre son stack au milieu et on s'est un peu cherché.
On est 6-handed, il raise 12€ UTG +1, je call au BTN (on a tous les 2 environ 250€ de tapis effectif) avec 
, la SB, un joueur assez conservateur et passif, call.
Le flop est 

. Good flop! SB check, et vilain également. Je mise 22 dans le pot de 38, SB fold tandis que vilain envoie un jeton de 50, qui compte donc comme un call, alors qu'il annonce avoir voulu relancer.
La turn est
, vilain donk 48, il lui reste environ 165 derrière, et je décide de push. Vilain call, je n'améliore pas et ma paire d'as ne gagne pas contre son set (55).
J'ai fait une grosse erreur dans cette main. Erreur assez commune ma foi chez de nombreux joueurs, mais que je me dois d'éradiquer. J'ai vu le flop, je me suis dit 'bingo j'ai un monster draw', et là j'ai arrêté de penser. Juste, j'étais prêt à stack off.
Dans l'absolu, ça n'aurait pas été une erreur de stack off flop. Turn, j'ai encore une tonne d'équité donc c'est certainement pas affreux non plus, surtout si vilain est capable de bluffer.
Il est facile d'être paresseux au poker. De jouer les nuts sans penser à la range adverse, et être juste content de gagner le coup (alors qu'on aurait pu gagner plus). De même ici, j'ai juste vu le board, j'ai vu que la turn améliorait ma main, et j'ai mis mes jetons au milieu. Sans penser à la range de vilain.
Examinons un peu sa ligne: vilain est assez aggro, mais me voit aussi comme aggro. Au flop, il comptait check-raise petit (50€). En live, autant certains joueurs peuvent multibarrel bluff, autant il est rare de voir des CR bluff (ou alors CRAI avec un draw, mais ici c'est un petit CR dans un pot à 3 joueurs). Donc vilain a sûrement une main qu'il veut pas vraiment abandonner.
Turn il mise 48 alors que l'A tombe. Donc il semble avoir encore grande confiance dans sa main. A ce stade, il est difficile de le mettre sur autre chose que {AQ-55-33-QQ). Dans tous les cas, en analysant sérieusement la ligne de vilain (très improbable qu'il transforme 77 en bluff, et même s'il le fait, j'ai maintenant top pair et suis devant) et la texture du board, il est improbable que j'ai la moindre FE.
Dans la mesure où il m'offre des bonnes côtes pour suivre, que j'ai une équité énorme et une très bonne côte implicite contre sa range forte, call turn est immensément meilleur à shove. Pour ma défense il était 5h du mat, j'étais éprouvé physiquement et mentalement.
C'est un biais commun mais rédhibitoire que d'arrêter de penser à ce que peut détenir notre adversaire, et de seulement jouer notre main.
Toujours prendre du recul sur la main et considérer tous les éléments pertinents avant de prendre une décision.
'Welcome to Disneyland' (Part II)
Suite de mes aventures à Marrakech: vu que j'ai gagné un peu en CG, je me permets de m'inscrire au tournoi shorthanded 225€. On commence avec 200bb (10k, blinds 25-50) et les blinds augmentent toutes les 25 min.
Assez peu de joueurs inscrits au départ, mais fuck it j'ai envie de le jouer dans tous les cas (au final on sera 98, plus que raisonnable, avec 5000€ environ à la win).
Mon plan au début de tournoi est de jouer très maniac, je raise énormément de mains, joue aggro PF et postflop. La table est très passive et faible, je grind jusque 15K en un rien de temps.
Aux blinds 75-150, je raise 
en MP, CO calls, baleine en BB calls (déjà montré quelques bluffs, ainsi qu'uros donk pour value river avec une straight, le tout en envoyant la masse de tells: tremble et semble très nerveux lorsque pour value, très renfermé lorsque bluff).
Le flop est 

, balein donk 500 dans environ 1400, je raise à 1500, il call. La turn est un 2, il veut donk bet 3.5K mais met ses jetons en plusieurs fois derrière la ligne, et le bet est donk de 1000. Je call vu les odds ; par ailleurs je le pense assez faible (au niveau des tells qu'il donne, et de sa ligne même qui veut pas dire grand chose) et m'attend à ce qu'il give up souvent river, auquel cas je pourrai bluffer même si je ne touche pas. River T, il shove et évidemment je fold mon 4hi. Il retourne 64o. J'aurais ptet dû raise turn, mais bon c'est result-oriented.
Moundir est arrivé à la table, on joue un coup en bataille de blindes (je suis BB): il limp, je raise 450 avec 78o, il call.
Flop JT6r, il check, je C-bet 525, il call. Turn 9 (qui me donne straight mais ouvre un FD), et je décide de bet 1.2K pour value (énormément de mains ont maintenant pair draw ou 2 paires). River Q, il check, je décide de bet 1.5K pour thin value (il lui reste 3.8K en tout), ayant vu qu'il avait des tendances station. Il call et montre K8o (!!). Solid play 8)
Je perds quelques coups et me retrouve entre 6 et 7K sur des blinds 150/300. Un nouvel arrivant à la table, de la team French No Limit (du coup je me dis qu'il doit être weak tight
) open, je resteal shove 22bb avec 
.
Blinds 400-800: Ce même joueur limp en SB, je check en BB avec 56o, vraiment l'impression qu'il essaie de me trapper (raise aurait été mon play standard).
Flop 

, vilain bet 600, je raise 1.8K, il call. Turn 4, il check, je bet 2.5K pour value, il call. River
, il check. Je suis quasi sûr d'être devant, mais c'est une scary card pour lui. Je prends un peu de temps, faisant mine de réfléchir avant de shove pour obtenir un hero call. Alors que je réfléchis, vilain flash 
. Fuck you, je peux plus miser maintenant. Je retourne ma main et gagne le coup.
Aux blinds 300/600, ce même vilain min-raise en SB vs moi, je flat 56o (situation semblable à avant), avec l'intention de l'outplay postflop s'il montre de la faiblesse. Le flop est 89Tr, il bet 1.4K en annonçant assez fortement le montant de son bet (tell de faiblesse IMO). Je décide de float pour représenter plus de combos et emporter le coup turn ou river. Turn 9, il check, good card, je bet 2.2K, il insta-fold.
A la pause j'ai environ 25K, average 20K, blinds 500-1000 (ante 100).
Un nouvel arrivant à ma gauche avec un stack similaire au mien, j'open 3K SB contre lui avec TT en BB, il insta-call. Flop 

, je c-bet 4K, il insta-shove, j'insta-call, il montre 
. Merci pour la donation.
Quelques mains plus tard, j'ouvre 2.3K BTN avec 
, BB calls (un marocain que j'ai pas mal cherché, et qui me voit certainement comme un jeune maniac).
Le flop est 

, on check tous les 2. Turn
, il check et j'envoie 2.8K, il call. River 8, il check, je dévide de value pour 3.5K tout en envoyant quelques tells de non-assurance. Vilain réfléchit quelques secondes et finalement shove pour 9K total.
Il est assez avancé sur la table, me fixe, mais semble sinon assez détendu. Niveau tells et côte du pot, j'ai l'impression que je dois caller, mais j'hésite quand même un bon moment ; c'est pas comme si les fishs aimaient CR bluff souvent river.
Finalement je call, vilain a 6x, je gagne le coup et monte à environ 70K.
Je change de table, où je perds rapidement 2 coups avant la pause, et suis ainsi down à 52K pour des blinds 800-1600.
Fish UTG open 7K UTG (c'est le joueur avec lequel je me suis fritté la veille en CG), je décide de shove avec JJ pour 49K. Il call avec 
, et je double up.
Je perds un ou deux steals, ainsi qu'un coup BTN vs BB (un joueur avec un énorme stack, très loose et sticky postflop => dur de le voler), où j'ai 
sur un board 

et lose contre 
(bet flop, check behind turn, call donk bet river).
Je suis down à 30-40K (environ 10-15bb) à la bulle, et entre en mode survie, en jouant plus patiemment que lors du tournoi de la veille, mais en mettant la pression sur les petits stacks (notamment SB vs BB, où j'ai passablement énervé ma voisine à open-shove systématiquement sur ces spots. Pas 'fair play' qu'elle dit. Oui oui madame).
La bulle éclate, on est 15 left.
Je double up en shovant 38K (9.5bb) BTN avec A4o, BB (le joueur loose) tank assez longtemps avant de caller avec T8o, me permettant de doubler malgré un board très effrayant (où il avait 36000 outs flop). Good call, indubitablement.
Le vilain très loose limp au CO, je trouve A4o en BB et décide de checker avec 12bb left, alors que mon play standard aurait été de shove (mais je m'attends trop à ce qu'il ait limp une bonne main et qu'il call).
Le flop est AQxr, on check tous les deux. Turn 9, j'envoie un bet, il call, river 8, je check, il envoie 10K et je call comme un idiot alors qu'il était certain qu'il misait pour value. Il me reste alors environ 50-60K pour des blinds 2K-4K.
Le BTN open-shove, il me couvre, je call avec ATo, il retourne 85s, je tiens et monte à environ 105K à 12 left (moyenne 70-80K je crois).
Je me retrouve à une table avec le même joueur loose, qui doit avoir un stack de 300K, un joueur à ma gauche qui me couvre, et 2 joueurs avec environ 10bb.
Blinds 2K-4K toujours, j'open 10K SB avec T5o, BB call. Flop 823r, je C-bet 10K, vilain insta-raise 35K, j'insta shove tellement je suis sûr qu'il est en bluff. Il fold, je montre, il retourne 
. Donc je bluffais avec la meilleure main
.
Je call un shove d'un short (7bb) avec 
UTG, il a A5o et on split.
Je raise AKo au BTN, 12K, vilain en BB shove pour environ 50K, je snap, il a A5o et touche une straight. Je redescend à environ 110K.
J'open 12K avec TT CO, BB (le joueur loose qui a call mon shove avec T8o, et qui avait A4 vs QJ <=> voir au dessus) call.
Le flop est K83r, on check tous les 2, je m'imagine que je peux induce turn et river. Turn 9, il donk 15K, je call ; river 2, vilain donk 30K, et je tank. J'observe vilain, il mâche ostensiblement son chewing-gum et semble à l'aise. En gros je devrais fold rien que parce que le bet est certainement trop gros pour être un bluff (si vilain peut d'ailleurs bluff, ce qui n'est même pas sûr dans un tournoi live comme celui-ci), et qu'il ne value pas moins bien + vilain envoie 40,000 tells de force. Fatigue, curiosité, et généralement ma difficulté à coucher une main lorsque j'ai voulu induce, me font finalement call et vilain retourne 33.
Cool, down to 45K XP . Ce mauvais call river m'enlève la possibilité de resteal.
2 mains après, UTG demande le montant de mon stack et de celui de la BB (qui a à peu près autant que moi), puis limp. En gros, il limp pas pour folder si on shove, en tout cas je pense.
Le joueur loose limp, je décide de limper parce que je pense que mon voisin ne va shove qu'une range resserrée. Le flop est 842r, on check tous les 4. La turn est un 5 (fait rentrer un FD coeur). J'ai un double GS, je décide de bet 10K dans environ 20K, UTG limper call. La river est un
, qui fait rentre la flush, je push mes dernier 30-35K, snap call par 
.
Bon. Adios. Sur le coup je me suis dit que shove directement la turn aurait trop l'air d'un tilt shove, et que je me ferais call très light. Mais c'est clairement ce que j'aurais dû faire pour maximiser ma FE. Là je me suis retrouvé river avec l'espoir de faire folder quelque chose, alors que la flush backdoor rentre et que Ahi trouve top pair. Dans tous les cas je me serais pas vu C/F river, je voulais trop monter des jetons pour finir aussi loin que possible.
Donc shove turn aurait été mieux (non?), j'ai voulu jouer fancy, certainement une erreur.
Out 8ème donc, et +7400 dirham (soit un peu moins de 700€).
Léo Laslandes sort également 8ème du Main Event, à peu près au même moment (KK < AA).
Je décide d'aller faire une petite sieste pour récupérer, avant de retourner aux tables de cash. Je dors 2h, et vers 01H30 je suis assis sur une table 25/50 dirham. Je suis encore un peu dans le gaz, mais je me dis que même en ayant pas dormi depuis 3 semaines j'aurais un edge sur une table comme ça (rock) . Maybe not...
Ma table semble très fishy, avec principalement des touristes. Un joueur avec un gros stack (je m'assois à sa gauche). L'action semble assez folle, avec des grosses relances suivies par tout le monde.
Je commence assez mal: après quelques limpers, je trouve ATo SB, raise à 350, 4 suiveurs, je C/F sur un flop low.
Encore des limpers, et je raise à 300 avec 
en BB, 2 call. Flop KTx, je bet 600, pensant me retrouver all-in contre un short stack, mais en fait il lui reste 1200 derrière (en plus). Turn est un 9, je décide de check/fold: vilain montre un K.
Le joueur tight iso-raise 250, je 3bet IP 725 avec 99. Il est le seul à call, et je le mets sur une range plutôt forte ; j'ai donc l'intention de jouer de manière précautionneuse postflop. Le flop est Kxxr, il check, je check behind. Turn est un J, et vilain donk 1000. Bah, je fold.
On se retrouve 6 handed, j'open 
, BTN (très loose) call, BB (jeune joueur) call également. Le flop est 

. BB donk, je pense être assez souvent devant et call, BTN call. Turn est
, BB bet environ half pot, et je décide de call avec l'intention de jouer très prudemment sur la plupart des cartes river.
River
, BB check; je check, BTN envoie un gros bet, on fold tous les 2, il flash 
.
J'étais rentré avec 5K, perdu très vite la moitié. Je rebuy du coup 2.4K ; autrement dit je joue les gains du tournoi de la journée.
Joueur tight open small (175 après un limper) alors qu'il open généralement plus gros pour value ; du coup je 3bet 450 avec KQ. Je me fais suivre par une belge en BB, qui est clairement là en touriste, et veut jouer toutes les mains.
Flop JTxr, check, j'envoie un CB 60% pot, elle fold.
Et enfin, un coup à apprendre dans toutes les écoles de poker: 8) Ca s'appelle le limp-reraise bluff sans fold equity contre des baleines qui ne jouent que leurs cartes. Pour le réussir, le mieux est d'être fatigué (apparemment la fatigue encourage le gamble), d'avoir un peu trop joué au poker, d'être passablement énervé de ne pas réussir à gagner un coup sur une table aussi fishy, etc.
Donc je limp 55 UTG (avec une image bien tight, mais un mauvais momentum, vu que j'ai perdu presque tous les coups que j'ai joué, pas forcément en jouant atrocement d'ailleurs). Un autre limp, la touriste belge raise 350. Un fish qui veut voir du flop call en SB, je décide de reraise à 1250. Les 2 call. (cheers). Je sais que leur range est super large, ils ont aucune idée de notions comme stack to pot ratio, d'implied, ou quoi que ce soit. En gros ils peuvent avoir 22, AQ, TT, 57s.
Le flop est 834r (j'ai l'impression d'avoir vu quantité de flops comme ça à Marrakech, sûrement une coutume locale). SB check, et vu que le flop est assez bon (ils l'ont pas touché souvent), je shove. La belge hésite un moment, je suis calme comme un lampadaire binoculaire, elle call finalement.
Turn K, river 4, vilain show JJ.
Bon je me retrouve contre le top de sa range, et vu la loositude de mes adversaires il est possible que ce move me rapporte au final de l'argent (EV+ qu'on dit dans le jargon du poker). Mais c'est certainement ultra high variance, et pas vraiment d'avantage en terme d'image lorsqu'on ne veut pas rebuy. Et puis merde quoi, table de stations = jouer pour value.
J'ai cruellement manqué de patience, et spew 500€. C'est pas comme si c'était la première fois, ni la dernière, mais je dois encore faire pas mal d'efforts pour ne JAMAIS tilter. Au poker, un joueur discipliné a le temps avec lui, le long terme avec lui, la variance avec lui ; un gambleur (comme moi, comme la plupart des joueurs impatients de cash game
) joue avec ses émotions et laisse la temporalité (la variance) l'affecter.
Alors oui pour être un bon joueur de cash, il ne faut pas avoir les mêmes qualités qu'un bon joueur de tournoi (ça veut pas dire que c'est incompatible). Il faut être capable de gambler, d'être extrêmement agressif et d'en tirer les bénéfices. Mais au final, la plus grande différence se fait entre celui qui tilt et celui qui reste de marbre.
A travailler.
Au final, un week-end à Marrakech / Es Saadi où le poker aura occupé la majorité de mon temps. Une bonne expérience assurément. Je me suis rendu compte toutefois que le monde du casino et du star-system pokeristique n'était pas vraiment le mien. Je n'aspire pas à être connu dans le milieu du poker, Durrr ne me fait pas rêver. Je veux juste grinder anonymement, et surtout maintenir un équilibre entre poker et le reste. J'ai besoin d'autres choses. C'est aussi ça dont je me suis rendu compte lors de ce week-end, et c'est une bonne piqûre de rappel.